Écrire un livre sans abandonner en chemin

Cette année, je me donne pour défi d’écire une série d’articles sur les difficultés et les obstacles que j’ai rencontré et que je rencontre encore par moment, en espérant pouvoir vous aider dans votre propore projet d’écriture. J’aimerais marcher à vos côtés : parler de structure, de discipline, de motivation, mais aussi des découragements, des détours… et de la grâce qui s’invite dans le processus créatif.

L’idée d’écrire un livre vous paraissait simple… jusqu’au jour où vous avez essayé ? Maintenant que le projet est entamé, cela ressemble davantage à l’ascension du mont Everest en sandales —épouvantable, douloureux, et—soyons honnêtes— un peu ridicule. J’ai envie de vous dire: ne vous inquiétez pas. Avec les bons outils, les bonnes techniques et le bon état d’esprit, il est possible de transformer ce rêve en réalité. Pas sans effort, mais sans s’épuiser inutilement. Tout ce dont vous avez réellement besoin, c’est une passion pour écrire, d’une volonté d’apprendre et de la détermination d’aller jusqu’au bout.

La plupart du temps, lorsque nous échouons, c’est simplement parce qu’une de ces clés manque à l’appel. Il est temps d’arrêter de rêver votre livre… et de commencer à l’écrire. Quand vous pensez aux écrivains célèbres, vous vous dites peut-être : « C’est facile pour eux, ils avaient du temps. » C’est là votre première erreur. Tout semble simple une fois le succès au rendez-vous. Mais, dès qu’on gratte un peu la surface, la réalité apparaît: écrire a presque toujours été une affaire de discipline, de sacrifices… et de persévérance.

Mon premier roman m’a pris douze ans à écrire. Pendant que les idées macéraient dans ma tête, je travaillais à temps plein et ma plus grande erreur a été de ne pas faire de plan. J’écrivais uniquement les scènes qui me captivaient sur le moment, sans structure précise. Puis, tout a changé l’été suivant la naissance de mon troisième fils. Cette année-là, la maison d’édition Gallimard a lancé un grand concours mondial pour trouver le prochain phénomène jeunesse, à la hauteur de Harry Potter. Mon objectif était clair : terminer mon livre avant la date limite pour participer au concours. Je ne ferai pas durer le suspens plus longtemps: je n’ai pas remporté le concours. Mais, sans cette échéance, mon roman serait sans doute resté à l’état de fragments éparpillés. Ce défi m’a donné la discipline et la motivation nécessaires pour aller jusqu’au bout. Dieu s’est servi d’une contrainte extérieure pour m’apprendre la persévérance intérieure. Puis, plus tard, j’ai trouvé la maison d’édition EXIT et Glaguel, La rivière interdite a vu le jour !

L’histoire de la littérature est remplie d’auteurs qui écrivaient dans des conditions loin d’être idéales. Le manque de temps n’a jamais été le vrai problème.

Charles Dickens écrivait Oliver Twist en parallèle d’un travail épuisant. Il écrivait souvent la nuit après ses longues journées de travail. Malgré la fatigue, il a réussi à produire des chefs-d’œuvre, parfois en publiant chapitre par chapitre sous pression.

Mark Twain écrivait dans la chambre d’un ami pendant ses pauses. Il trouvait le temps d’écrire en empruntant la chambre d’un ami ou en écrivant entre deux reportages. Son emploi du temps chaotique ne l’a pas empêché de produire des classiques, comme Les Aventures de Tom Sawyer.

Victor Hugo s’enfermait nu dans sa chambre pour éviter les distractions. Il demandait à son domestique de lui confisquer ses vêtements afin de ne pas pouvoir sortir et se forçait ainsi à écrire pendant des heures d’affilée !

Louisa May Alcott écrivait la nuit après de longues journées de travail. L’autrice de Les Quatre Filles du docteur March a longtemps écrit en parallèle de petits boulots pour subvenir aux besoins de sa famille. Elle écrivait souvent tard le soir, après des journées éreintantes, et a persévéré jusqu’à connaître un immense succès.

Lucy Maud Montgomery écrivait dans des conditions difficiles. L’autrice d’Anne… La maison aux pignons verts manquait de temps en raison de ses responsabilités familiales et de son rôle d’épouse de pasteur. Elle devait rédiger tard le soir ou tôt le matin, souvent dans une chambre glaciale sans chauffage moderne. Malgré la précarité des fournitures et la pression de ses éditeurs, elle a persisté, écrivant parfois dans l’urgence et sous la fatigue.

Le temps n’est pas ce qui manque le plus à ceux qui veulent écrire. Ce qui manque, bien souvent, c’est le sacrifice… et la décision de persévérer. À votre tour de ne pas laisser le temps devenir votre obstacle ! Engagez-vous dès aujourd’hui à mettre à part un peu de temps pour écrire, chaque jour. La fidélité quotidienne finit toujours par porter du fruit. Vous verrez, le plaisir de voir votre livre se construire, page après page, remplacera peu à peu la lourdeur du sacrifice et de la fatigue.

On se retrouve bientôt pour une nouvelle stratégie afin de tenir sa plume jusqu’au bout !

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